GOUVERNANCE HYBRIDE DES CONFLITS FONCIERS AU MAYO-KEBBI OUEST : ARTICULATION DES SYSTEMESCOUTUMIERS ET FORMELS

La gestion des conflits fonciers dans la province du Mayo-Kebbi Ouest au Tchad repose sur une pluralité
de mécanismes combinant normes coutumières, dispositifs étatiques et instruments hybrides tels que les
conventions locales. Dans un contexte marqué par une pression accrue sur les ressources naturelles, la
multiplication des conflits agropastoraux et la transformation des rapports d’accès au foncier, la question
de l’efficacité de ces mécanismes se pose avec acuité. Cet article analyse la gouvernance hybride des
conflits fonciers à partir d’une approche empirique fondée sur des enquêtes de terrain. Les résultats
montrent que les mécanismes coutumiers demeurent les plus sollicités en raison de leur forte légitimité
sociale et de leur accessibilité, mais qu’ils présentent des limites liées aux rapports de pouvoir et à leur
faible formalisation. Les institutions formelles apparaissent peu efficaces, en raison de leur faible
accessibilité et du manque de confiance des populations. Quant aux mécanismes hybrides, ils constituent
des innovations pertinentes, mais restent fragiles et insuffisamment opératoires. L’étude met en évidence
les limites structurelles de cette gouvernance hybride et souligne la nécessité d’une meilleure articulation
entre les systèmes pour une gestion durable des conflits fonciers.